mercredi 20 mai 2015

L'Association

 

Nous avons créé l’association des Cahiers Maurice Blanchot en 2011. Monique Antelme en était la présidente, Danielle Cohen-Levinas la vice-présidente et Michael Holland le secrétaire et le trésorier. Sous l’égide de cette association, nous avons fondé les Cahiers Maurice Blanchot dont la vocation est d’accueillir des réflexions centrées sur l’œuvre de Maurice Blanchot ainsi que des études ou des essais qui  découlent de cette œuvre. L’expérience de l’écriture telle que la vivait Maurice Blanchot implique un engagement dont les implications excèdent le registre critique comme la littérature. L’œuvre de Maurice Blanchot exige une réflexion sur la création littéraire elle-même, de sorte qu’elle sollicite autant le registre critique que philosophique. Les Cahiers Maurice Blanchot ne se veulent pas seulement un objet de recherche blanchotienne, mais se veulent également une voix à l’écoute des multiples sollicitations que suscite cette œuvre et auxquelles notre revue souhaite répondre.

Danielle Cohen-Levinas, Michael Holland

Association des Cahiers Maurice Blanchot
Présidente : Danielle Cohen-Levinas
Vice-Président et Trésorier : Michael Holland

Comité scientifique international : Geoffrey Bennington, Michel Deguy, Marguerite Derrida, Kevin Hart, Jean-Luc Nancy
 
  


Monique Antelme



 





mardi 19 mai 2015

Les Cahiers





° 3

Les Presses du Réel
paru en  décembre 2014
édition française
17 x 20 cm (broché)
176 pages
17.00 €



 
  Cahiers Maurice Blanchot  









Sommaire

Présentation
Journée d’études. Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe parlent de Blanchot
Étienne Balibar, D’un extrême l’autre : par quelle « conversion » ?

Discussion entre Étienne Balibar et Jean-Luc Nancy

Marco Della Greca, Blanchot et ses frères : Thomas Mann et le roman du mythe

Jonathan Degeneve, À partir de quels modèles Nancy et Blanchot comprennent-ils la communauté ?

Leslie Hill, Pour une politique du fragmentaire

Danielle Cohen-Levinas, La tâche du témoignage. Note sur Lettre-récit de Maurice Blanchot précédé de Passion politique  de Jean-Luc Nancy

Aristide Bianchi et Leonid Kharlamov, Texte ayant servi de base aux présentations en librairie de Agonie terminée, agonie interminable (sur Maurice Blanchot) de Philippe Lacoue-Labarthe

Ayelet Lilti, Secret d’une allégresse critique

Hannes Opelz, La figure du politique (L’envoûtement)

João Camillo Penna, Scénographie (Blanchot, Lacoue-Labarthe)

Maryan Benmansour, Le trait interminable d’une scène primitive, entre Maurice Blanchot et Philippe Lacoue-Labarthe

John McKeane, Coupure, mutation, fragmentation
Contrepoint
Danielle Cohen-Levinas, Une Archive retrouvée : Lettre d’Emmanuel Levinas à Maurice Blanchot – Rennes, le 22 août 1941
Notes et commentaires
Michael Holland, N’en déplaise. (Pour une pensée conséquente). Sur Lignes no 43, mars 2014, « Les Politiques de Maurice Blanchot 1930-1993 »
L’Archive introuvable

  


Présentation



Le présent Cahier vise à accompagner la Journée d'études consacrée à deux grands lecteurs de Maurice Blanchot : Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy. En publiant ici même les textes de cette journée, nous souhaitons poursuivre la réflexion et faire se dialoguer ensemble des auteurs, spécialistes ou non de Blanchot, pour qui cette œuvre ne cesse de tracer un chemin infatigable au travers une multitudes d'expérience de pensée. Selon l'impact que nous lui connaissons, l'œuvre de Maurice Blanchot suscite aujourd'hui un indéniable intérêt qui n'est pas sans soulever quelques polémiques dominées par ce qu'il est convenu d'appeler le passé politique de Blanchot. Nouvelle donne, nouveaux soubresauts. Le passé politique de Blanchot n'en finit pas de revenir sur le tapis. Réponse, questionnement ou sollicitation ? La réflexion ne saurait certes se poser dans les termes qui sont ceux d'une soi-disant œuvre de vérité historique. Non que les arguments déployés ici et là ne puissent s'ordonner en une indéniable logique historique, mais cette logique ne peut prétendre détenir les clés d'un supposé verdict, à la fois juste et définitif.
Un texte de Danielle Cohen-Levinas accompagnant une lettre inédite d'Emmanuel Levinas à Maurice Blanchot vient prolonger (provisoirement) le dossier sur « Blanchot et les questions juives » que nous avons ouvert dans le dernier numéro des Cahiers. Enfin, nous inaugurons notre rubrique « L'Archive introuvable », qui formera un lien entre la revue et le blog des Cahiers Maurice Blanchot qui vient d'être créé : bloglescahiersmauriceblanchot.blogspot.fr.
Dans les prochains numéros des Cahiers on trouvera des dossiers sur Blanchot et Bataille et sur Blanchot et le récit.
Danielle Cohen-Levinas
Michael Holland
 



Les Cahiers Maurice Blanchot n°2
Les Presses du Réel
paru en mars 2014
édition française
17 x 20 cm (broché)
160 pages
17.00 €





Sommaire

Avec elle

Pour Monique
Danielle Cohen-Levinas, Jean-Luc Nancy, Discours prononcés lors des obsèques de Monique Antelme, au cimetière du Montparnasse, le mercredi 3 octobre 2012
Hommage de Maurice Nadeau paru dans la Quinzaine littéraire no 1070
Témoignages. Textes de Gisèle Berkman, Christophe Bident, Didier Cahen, Martin Crowley, Michel Deguy, Daniel Dobbels, François Dominique, Michael Holland, Robert Kelly, tr. Charlotte Mandell et Eric Trudel, Roland Klapka, Serge Margel, Frédéric Mora, Parham Sharjerdi, Michel Surya, Pierre-Antoine Villemaine
Hors Champs Monique Antelme. Entretien radiodiffusé de Laure Adler avec Monique Antelme

Blanchot et les questions juives
Passion de la communauté, entretien de Danielle Cohen-Levinas avec Jean-Luc Nancy
Lettre d'Edmond Jabès au Matin de Paris, présentée par Didier Cahen
David Banon, À l'écoute du judaïsme
Michael Holland, Triangulations au sujet de Blanchot et l'antisémitisme. En lisant Jean-Luc Nancy
Ginette Michaud, Jacques Derrida et Maurice Blanchot : la tentation de la littérature. Autour du dernier “dernier mot” : une note de lecture sur “Maurice Blanchot est mort”

Études
Christophe Bident, Blanchot, Leiris : question d'âge
Pascal Gibourg, Maurice Blanchot, nomade de la pensée
Francesco Vitale, Jacques Derrida. La littérature, la vie la mort 

Notes de lecture
Christopher Fynsk, sur Leslie Hill, Maurice Blanchot and Fragmentary Writing. A Change of Epoch (éd. Continuum)
Hannes Opelz, L'espoir d'une communauté. Sur Philippe Lacoue-Labarthe, Agonie terminée, agonie interminable (Sur Maurice Blanchot) (éd. Galilée)

Editorial
Une femme est morte. Elle s’appelait Monique Antelme et elle était notre amie. Fût ce avec la désolation du salut dévasté de l’adieu, ce numéro des Cahiers Maurice Blanchot, qu’il nous aura fallu mener à termes sans elle, lui est dédié. Sans elle, c’est à dire, avec son infatigable impatience qui forçait notre admiration. Il nous aura fallu tenir sans exigence de compréhension ou volonté hyperbolique. Accepter de poursuivre les Cahiers Maurice Blanchot sans Monique fut comme l’amorce d’un témoignage impossible qui, dans une extrême indécidabilité, nous aura sommé d’ouvrir le monde à ce qu’elle aimait : Die Welt ist fort, Ich muss dich tragen (Paul Celan). Les paroles d’amis et de proches réunies dans ce Cahier donnent à lire et à entendre ce laps de monde qui n’est plus et qu’il nous revient de porter sans trop savoir dans quelle direction porter notre regard. Qu’ils en soient remerciés. Mais quelle dédicace est aujourd’hui possible qui ne renverrait pas encore à la désolation, laissant notre salut à Monique dans la pleine vacuité forclose de notre chagrin ? Je pense aux mots de Jean-Luc Nancy parlant de Jacques Derrida, nous intimant de saluer, quoi qu’il arrive. Pour que notre salut puisse toucher l’intouchable, « il doit saluer sans salvation, mais il doit saluer ». Sans salvation : entre parole et silence, sans être empêché par ce qui n’en finit pas de nous manquer, comme si la distance entre nous et Monique ne pourrait jamais rien abolir, ni de la présence, ni de l’absence. Ce manque ne finira pas de sitôt. Il est cette démesure de l’absence où Monique n’en finit pas de nous parler et de nous sourire.

Danielle Cohen-Levinas
Michael Holland


Les Cahiers Maurice Blanchot n°1
Les Presses du Réel
paru en juin 2011
édition française
17 x 20 cm (broché)
128 pages (12 ill. n&b)
15.00 €


























Sommaire



Vers Blanchot

Cartes postales de Jacques Derrida à Maurice Blanchot

Ouverture
Jean-Luc NancyLe neutre, la neutralisation du neutre
Didier Cahen, Le jour même
– « Le moment venu »
– « Blanchot est mort »
– « Ordre du jour »
Kevin Hart, Introduction à Nulle part sans pas [Nowhere without No],
traduction libre de Parham Shahrjerdi

Autour des Chroniques littéraires
Gisèle Berkman, Archéologie d’un geste critique
Danielle Cohen-Levinas, La tâche du chroniqueur
Leslie Hill, Le monde en ruines
Michael Holland, Blanchot et la sortie du nihilisme

Etudes
Jérémie Majorel, L’Arrêt de mort : une scène primitive ?
Daniel Dobbels, On sauve un enfant
Yuji Nishiyama, L’ennemi absolu de la littérature : Blanchot contre de Gaulle

Tribune libre
Michel Deguy, Penser l’écrire, écrire la pensée

Note de lecture
Serge Zenkine, sur Lettres à Vadim Kozovoi (éd. Manucius)



Editorial

Toute sa vie Maurice Blanchot a été un homme de revues. Tandis que par le travail de son écriture ses liens au livre sont allés en s'amenuisant avec le temps, sa participation, son attention, son assentiment à la vie des revues sont restés constants, depuis le journalisme d'avant-guerre, en passant par le projet d'une revue de poésie pendant l'Occupation, jusqu'à la tentative de fonder une Revue internationale laquelle, à force d'échouer, permit à son écriture d'atteindre l'exigence de fragments qui, dans un maintenant dégagé à la fois du temps hors temps du livre et de celui du quotidien, ouvre à l'inactuel qui est le véritable temps des revues. 
Lancer des Cahiers Maurice Blanchot, ce n'est donc en aucune façon céder aux illusions d'actualité que cette forme peut encourager. Comme Nietzsche pour Heidegger, Blanchot demeure trop contemporain encore, d'un abord difficile, lisible uniquement dans un moment qui traverse le quotidien comme ce qui le fracture et en même temps le relance. Bref, aujourd'hui comme au début de sa carrière d'écrivain, au-delà d'une mort encore durement ressentie, l'écriture de Blanchot dérange. 
C'est dire jusqu'où son époque l'aura, pour le moment, à peine lu. Pire encore, pressentant sans doute les dérangements que cette œuvre lui promet, l'époque, ne se contentant pas de ne pas le lire, se donne pour but – par des voies parfois détournées mais en fin de compte convergentes – l'étouffement, la suppression même de cette œuvre singulière. 
Y a-t-il paradoxe plus grand que de voir l'écriture de Blanchot, qui offre une voie d'accès à l'actualité culturelle et politique, à ce que nous appelons notre époque, reléguée au passé et soumise aux jugements d'une bonne conscience trop soucieuse de sa tranquillité pour oser se laisser interpeller par cette voix qui l'accompagne ? 
Sans se désolidariser de l'extraordinaire travail de recherche, d'édition, de recensement qui a pris son élan depuis quelque temps – saluant dans chaque livre qui paraît, chaque rencontre qui se projette, chaque intervention qui se diffuse, la preuve que l'exigence de l'écriture de Blanchot est toujours accueillie – lesCahiers Maurice Blanchot se donnent pour but d'introduire au sein de notre actualité ce qui dans l'exigence de cette œuvre la dérange, et de ce fait lui donne à se penser. 

Monique Antelme
Danielle Cohen-Levinas
Michael Holland